Dernier triathlon de l'année avec le half-chtriman. C'est un format half-ironman mais sans le label Ironman. Enfin il n'empêche que la course est super bien organisée, l'accueil est chaleureux et tout est fait pour le bien-être des athlètes. Personnellement, j'adore quand une organisation se met en 4 pour une course. Ça respire l'authenticité. Bravo.
Finisher heureux à Zurich le 05 juin, j’en gardais tout de même une petite déception en ayant sombré sur le semi-marathon. Le half-chtriman est l’occasion de revoir un peu ma copie et d’essayer
de faire mieux. Je sais que je dois impérativement progresser à vélo.
Néanmoins, ma préparation a encore une fois tenu du folklore. Aux mois de juin et juillet, je fais 2 belles sorties vélo dans la vallée de Chevreuse avec 2 copains du club, Jean-Philippe 123 km
et Martin 96 km. Suivent 3 semaines au Portugal où si les conditions pour nager et courir sont idéales, à vélo, je récupère le vieux VTT Motobécane de ma belle-sœur. 25 ans d’âge, la bête pèse
bien ses 20 kg. Les roues voilées frottent sur le cadre et à chaque tour m’envoient des espèces de vibration dans le c… qui deviennent vite insupportables. Si vous voulez une comparaison, j’ai
l’impression de me faire un entraînement à la Rocky Balboa lorsqu’il tape sur des morceaux de viande dans un abattoir de Philadelphie ou quand il soulève des essieux de train en Sibérie par -30°.
C’est de l’entraînement en mode survie. En plus, je me fais copieusement chambrer par les locaux avec ma superbe tenue de cycliste made in Issy Tri sur mon antiquité millésimée années 80.
Au départ de la course, je suis hyper zen, pas du tout stressé, je n’ai même pas l’impression que je vais faire un half. Une quinzaine de triathlètes d’Issy Tri ont fait le déplacement avec 5
supportrices déchainées. J’ai cru un moment que Justin Bieber était dans la foule tellement elles criaient fort. C’est top.
La natation est un aller-retour dans un canal. L’eau est particulièrement sombre et on ne voit strictement rien. Pang c’est parti ! Même si je me sens mieux dans l’eau, j’ai toujours autant de
mal à m’imposer au départ. Je suppose qu’il faut être capable de partir vite et de tenir le rythme le temps que ça se calme. Mais dès que je me sens enfermé, je stresse, je me relève et j’adopte
une stratégie d’évitement, genre « allez-y si vous voulez » Malgré tout, le canal est étroit et moins propice aux zigzags. Vers la fin, je vois le panneau de Fruzsi « ALLEZ ISSY » au bord de
l’eau. Ça fait du bien. Je sors en 37’ soit 3’ de mieux qu’à Zurich, ça me va bien…
T1 : 3’ et direction le vélo où je vais pouvoir tester mon entraînement de la mort à la Rocky Balboa. Adriennnne ! J’arrivvvve ! J’ai l’œil du tigre, rhaaaa… Dès les premiers coups de pédale, je
sens que je suis reparti pour une galère… Il y a du vent, ça monte et le balai continu des cyclistes qui me doublent commence. Seuls les 10 derniers km sont propices aux allures rapides avec le
vent dans le dos. Malgré tout, je bipe les 45 km du tour 1 en 1h33’. Cela aurait pu être pire. 2ème tour devant notre fan club, j’aimerai leur chanter une chanson de Justin Bieber mais il y a
encore un peu de route à faire. Je suis trop juste en vélo et mon allure a faibli, enfin mon allure qui était déjà escarguignolesque… Didier me passe au 50ème et je le sens bien en jambes. Je
prends un coup au moral, satané vélo, je voulais repousser au maximum le moment où il allait me déposer... J’en chie bien comme il faut et je me demande si le scénario du semi de Zurich va se
reproduire. J’imagine avec angoisse le semi-marathon comme un nouvel épisode de Rocky, genre « Rocky fait du déambulateur » ou « Rocky marche avec des béquilles. » Bip à 90 km, 1h44’ (+11’).
Ouille ça fait mal surtout qu’il y a encore 3 km de rab jusqu’au parc. Au final, je ferai le même temps qu’à Zurich… 3h26’. Bouuuuhhhh !
T2 : 2’ et c’est parti pour le semi avec une grosse appréhension. Les jambes tournent mieux qu’à Zurich. Je décide de faire le semi au cardio sans jamais me mettre dans le rouge soit 160 puls
max. Je vais beaucoup aimer la CAP et notamment le parcours. Je suis content de pouvoir courir et du coup, la peur que j’avais s’est évanouie. Même si le temps est loin d’être super (2h07’), je
fais 31’ de moins qu’en Suisse. J’ai préféré assurer la course dans de bonnes conditions plutôt que de prendre le risque d’exploser. Et au final, je prends beaucoup de plaisir.
En conclusion, j’aurai aimé faire moins de 6 heures mais les marges de progression sont importantes. Néanmoins, par rapport à juin, la CAP s’est plutôt bien passée donc je suis mieux qu’il y a 3
mois, c’est positif. Pour Roth, il va falloir que je devienne cycliste. Une fois de plus, j’ai adoré l’ambiance club, les tapes dans les mains et les encouragements. Je remercie enfin
chaleureusement nos courageuses supportrices qui nous ont soutenues pendant toute la course.
Par contre, gros point négatif : impossible de boire une bière à l’arrivée, encore moins manger du riz au lait, l’estomac était en vrac…