"J'ai juste envie de courir" disait le héros bien connu d'un film. Courses sur route ou courses natures, sur des trails, en off, seul ou en groupe, le jour ou la nuit, pour dépasser ses limites ou simplement pour le plaisir.
Après un an d'existence, beaucoup de plaisir à écrire, ce blog va s'arréter. Ce fut une bonne expérience sur laquelle je n'ai pas du tout communiqué et qui s'est donc limité à un nombre très restreint de lecteurs. C'était voulu et cela n'a rien enlevé au plaisir que j'ai eu à écrire au fil des mois. Je me considérai même égoïstement comme mon plus fidèle lecteur
Pour la petite histoire, j'ai abandonné à la CCC et bien que cet abandon ne me gène pas le moins du monde, je pense qu'il est temps de tourner une page sportive. J'aurai certainement déjà du le faire avant. Je me suis arrété à Champex au km55 (sur 98) à 14 minutes de la barrière horaire sans envie de repartir. Pour résumer, je n'ai eu aucun plaisir à courir et aucune envie de me sortir un peu les tripes pour aller au bout. Dès le premier coup de mou dans le grand col Ferret, j'ai décidé de prendre mon temps et de profiter du paysage. Dès la descente du grand col Ferret, j'ai glandé et je suis passé en mode randonneur. Je n'étais absolument pas dans la course et ma seule envie était de stopper dès que possible. J'aurai pu le faire à la Fouly (km40) mais un coup de fil d'Anne-Paule m'annonçant qu'elle serait à l'arrivée m'a relancé momentanément au moment où le ravitaillement fermait à cause des barrières horaires.
Néanmoins, la CCC est vraiment une course accessible et magnifique. Mais c'est long et difficile, cela demande trop de sacrifices.
Aujourd'hui, je ne suis même pas déçu. Mais la flamme n'y est plus et même si par moment l'envie apparaît, je n'ai plus le feu intérieur qui transcende, la motivation nécessaire à ce type d'épreuve. Je suis désormais incapable d'affronter de telles courses. Ce n'est pas physique car là encore, dès que le cerveau a voulu, j'ai avancé comme jamais alors que j'avais déjà plus de 40 bornes dans les jambes. Mais sans la tète, le reste ne suit pas. Le mental fait tout et je ne l'avais pas.
Donc l'année qui va suivre sera une année sans course mais ce ne sera pas une année sans course à pied. Je continuerai à faire quelques footing pour me maintenir en forme. Je ne ferai aucune séance de piste, aucune sortie longue et même aucune sortie sous la contrainte tout court. Ce sera de la course plaisir ou pas de course du tout.
Je ne dirai pas que cette année est l'année de trop car elle fut riche en évènements mais je tiens à éviter l'acharnement thérapeutique qui consisterait à insister et à basculer dans un shéma où il faudrait continuer coûte que coûte, par obligation et sans raison valable saine. Or, j'ai toujours vécu la course comme une passion et elle le restera mais je ne veux pas que cette passion soit dévorante et ait des effets plus négatifs que positifs. J'ai déjà vécu des addictions et la course ne doit pas en devenir une dans le mauvais sens du terme. L'addiction c'est zéro plaisir.
L'objectif, c'est aussi de se retaper physiquement. Je pense avoir pas mal tiré sur la corde ces dernières années et il devient nécessaire de reposer le corps par une longue pause salutaire. Je crois que l'usure a pas mal joué dans les dernières contre-performances. Et comme j'ai du mal à faire les choses raisonnablement, un choix radical s'impose. J'ai au moins la présence d'esprit de m'en rendre compte.
Aux quelques rares assidus de ma prose, je vous remercie sincèrement d'avoir accepté de découvrir mon univers et pris le temps de lire quelques textes. Runfredo va s'endormir à compter d'aujourd'hui pour peut-être se réveiller un jour. Il faudra néanmoins que le prince charmant ait de sacrés arguments pour lui faire ouvrir les yeux.