"J'ai juste envie de courir" disait le héros bien connu d'un film. Courses sur route ou courses natures, sur des trails, en off, seul ou en groupe, le jour ou la nuit, pour dépasser ses limites ou simplement pour le plaisir.
J'ai un gros défaut, je suis assez rancunier. J'ai beau essayer de travailler sur ça depuis... ben depuis toujours en fait, rien n'y fait. J'ai du mal à oublier... Cela vaut également pour la course à pied et je garde dans un petit coin de mon cerveau les courses qui m'ont résisté. J'exagère un peu car je n'ai bien évidemment aucune rancune mais j'aimerai bien y retourner histoire de remettre les compteurs à zéro.
J'ai intégré le fait qu'il n'y a pas de mauvais abandon et chaque fois que je me remémore mes arrêts prématurés, je me dis que la décision du moment était la bonne. Ce n'est pas de la méthode Coué mais plutôt l'idée que ce n'était vraiment pas mon jour, que le jeu n'en valait pas la chandelle.
Mon expérience en ultra me permet au fil des courses de relativiser la réussite ou l'échec. L'ultra peut-être un truc génial, le genre de truc qui vous procure des sensations fabuleuses et des émotions énormes. Mais il y a un côté face, la souffrance, les blessures, la fatigue, les gros coups de mou ou les naufrages psychologiques lorsque le mental lâche. J'ai connu à peu près tout connu dans mes abandons sauf la grosse blessure. C'est pourtant celle qui justifie le plus un abandon. Gasp...
Jusqu'au début 2006, cette liste était encore vierge. J'ai ouvert mon compteur début 2006 sur le raid28. Les pieds en vrac au 56ème km suite à quelques passages de rivières, la douleur était trop vive. Repartir sur le raid28 est une réelle difficulté car il faudrait trouver une équipe dont un orienteur assez expérimenté pour pister les balises et permettre à l'équipe d'avancer rapidement. C'est du lourd avec des conditions hivernales assez difficiles.
Second échec, l'Annecime en mai 2007, un trail de 80km avec 5600m de dénivelé positif sur les hauteurs du lac d'Annecy. La course est magnifique mais très difficile surtout dans sa seconde partie. J'y suis allé sans préparation et j'ai abandonné au 40ème km. J'aimerai beaucoup la retenter.
Troisième démon, le Trail des Glaciers de la Vanoise en juillet 2007, une course vraiment magnifique autour des glaciers de la Vanoise. Elle reste néanmoins difficile à cause de l'altitude assez élevée. On monte à plus de 2400m et on reste quasiment tout le temps à cette altitude jusqu'à la fin. Ce fut une grosse déception car je pensais être prêt et j'ai été arrété par les barrières horaires à la moitié au 36ème km. Là encore, j'aimerai y retourner.
Quatrième abandon, l'UTMB en août 2007, sa majesté l'UTMB, le grand rendez-vous européen de l'ultra-trail. Arrêt au 30ème km en 2007. Prêt physiquement comme jamais, j'ai lâché mentalement au 30ème après des douleurs aux adducteurs. Trop de pression, trop de prise de tète, je me suis laissé bouffé par la course avant même de l'avoir courue. J'ai très mal vécu cet abandon et j'ai mis du temps à m'en remettre phychologiquement.
Enfin, la Transaq en juin 2009, abandonnée quasiment à la fin de la 3ème étape suite à un coup de chaleur et à un épuisement avancé. Cette course est magnifique dans sa conception et au niveau des paysages qu'elle offre. De plus, l'ambiance sur le bivouac est une expérience unique. Là encore, j'ai envie de remettre ça car je sais que la course est à ma portée, peut-être plus que les autres.
Je réfléchis pour l'année prochaine à essayer de réduire cette "petite" liste perso. En fait, cela dépendra beaucoup de la CCC. On va dire que si cela se passe pas trop mal, j'envisagerai un éventuel retour sur les épreuves de montagne. J'aurai mes points qualificatifs pour le "gros truc" fin août et je pourrai en profiter pour effacer quelques références citée dans cet article. Dans le cas contraire, ce sera plutôt des épreuves avec moins de dénivelé style "le retour de la mort qui tue sur la Trans'Aq".
Premier objectif d'ores et déjà, bloquer ce compteur à 5 !